Mobilisations contre le VIOL

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Une campagne contre le viol est lancée ce mercredi 24 novembre par trois associations, Collectif féministe contre le viol, Mix-Cité et Osez le féminisme. A l’occasion, un clip de Patric Jean et Frédérique Pollet et un manifeste sont diffusés, ainsi qu’une pétition nationale à signer sur le site internet : www.contreleviol.com, 120 personnalités sont déjà impliquées dans la campagne.

L’affiche se veut choquante afin de susciter des réactions. Les réseaux sociaux sont également utilisés pour  faire passer le message. Des badges de profil sont crées sur Facebook pour permettre de garder une trace de son combat sur sa photo de profil et noter « a signé » sur son profil : ceci montre son engagement personnel et laisse perplexe les autres qui tour à tour se demanderont de quoi il s’agit et seront mis au courant.

La campagne a pour but d’aider les femmes victimes de viols à en parler, à faire prendre conscience  de la gravité de l’acte, à faire de la prévention et tout simplement à briser le silence autour de ce fléau.

Les associations mettent déjà en place des plans de prévention dès la petite école jusqu’au lycée ; leurs dispositifs futurs étant de combattre les stéréotypes et sensibiliser les mineurs.

Les chiffres sont alarmants, plus de 75 000 femmes seraient violées chaque année, deux millions sont victimes d’inceste, 62 % auraient moins de 18 ans au moment des faits et 50% moins de 15 ans.

1 femme sur 10 a subi ou subira un viol au cours de sa vie.

Tout acte sexuel forcé est considéré comme un viol. L’agresseur n’a pas de profil type, la victime non plus…ce peut être n’importe qui

Aujourd’hui, de nombreux stéréotypes subsistent encore. Ils contribuent à minimiser l’acte.

On pense que la victime est une femme se promenant tard le soir en jupe abordé par un inconnu. Mais c’est faux. L‘auteur de viol est souvent une personne connue par la victime ( 8 cas sur 10) et l’apparence n’influe pas forcément le comportement de l’agresseur. En effet, une femme en pantalon peut aussi bien être violée qu’une femme en jupe. L’agresseur peut aussi bien être un inconnu que quelqu’un de la famille, de son entourage.

Personne n’a le droit de toucher au corps d’autrui si ce n’est pas consenti. A titre d’exemple, dans les cas de viols, les femmes abusées par leur conjoint (34%). Le sujet est encore tabou de nos jours mais c’est un fait courant dans la violence conjugale. L’homme donne comme excuse « le devoir conjugal » et la femme obéit parce que c’est son mari, son compagnon.

Il y a un rapport de force et de domination masculine: la femme doit être soumise à l’homme, ceci relève du pur sexisme.

Pourquoi la femme ne pourrait-elle pas être égale à l’homme ? Est-ce que, parce qu’on est une femme, on doit se taire et se laisser faire ?

Si une femme n’a pas envie, si elle ne donne pas son accord, si elle dit non, l’homme n’a pas le droit de la forcer à quoi que ce soit.

La victime a tendance à se replier sur elle-même soit par les menaces faites par son agresseur, soit par honte et peur des représailles. La violence physique finit par être aussi psychologique.  Il existe des services mis en place pour aider les victimes, comme un numéro spécial, des associations, des médecins…

Les pouvoirs publics mettent en place des moyens financiers pour développer et soutenir les structures en victimologie et psycho-traumatismes. La prise en charge des soins est totale pour les majeures et gratuite pour les mineures.

On en parle que très rarement, car cela reste des cas rares mais certains hommes en sont victimes, surtout étant mineurs.

Le viol est un crime et les criminels doivent être jugés et condamnés.

« Le viol est une arme culturelle, façonnée  par des siècles d’incitation à la domination ».

A ce jour, 2% à peine des agresseurs  sont condamnés. Les bourreaux s’en sortent et les victimes culpabilisent.

Après la plainte, une enquête est réalisée par la police ou gendarmerie, retransmise par la suite au procureur de la République. Il décide alors de donner suite ou non. S’il y a suite, l’affaire peut passer au tribunal correctionnel en tant qu’agression sexuelle, c’est-à-dire sans pénétration. L’audience est courte et ne permet donc pas de faire entendre tous les témoins. La prescription est de 3 ans.

Ou passer devant une Cour d’assises, où l’audience durera le temps qu’il faudra pour rendre son jugement car tout le monde est entendu.

© Affiche de la campagne contre le viol 2010

Par Martine DOS SANTOS et Anne-Laure DEMEZUCK 


Pour en savoir plus:

Parlez-en autour de vous, vous connaissez peut-être des victimes qui se taisent encore. Aidez-les à s’en sortir :

Collectif Féministe contre le viol : http://www.cfcv.asso.fr/

Mix-Cité : http://www.mix-cite.org

Osez le féminisme : http://www.osezlefeminisme.fr

Viols-Femmes-Informations : 0 800 05 95 95

Du lundi au vendredi de 10h à19h numéro gratuit en France et Outre-Mer