Nous sommes PARIS…

Facebook Twitter Email

12250108_910777518999691_1312709448307237738_n11218908_911496725594437_8709949277457118090_n

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

12274651_10208062831594447_7386854577009079883_n

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Victor HUGO  (1802-1885)

Paris bloqué

Ô ville, tu feras agenouiller l’histoire. 
Saigner est ta beauté, mourir est ta victoire. 
Mais non, tu ne meurs pas. Ton sang coule, mais ceux 
Qui voyaient César rire en tes bras paresseux, 
S’étonnent : tu franchis la flamme expiatoire, 
Dans l’admiration des peuples, dans la gloire, 
Tu retrouves, Paris, bien plus que tu ne perds. 
Ceux qui t’assiègent, ville en deuil, tu les conquiers. 
La prospérité basse et fausse est la mort lente ; 
Tu tombais folle et gaie, et tu grandis sanglante. 
Tu sors, toi qu’endormit l’empire empoisonneur, 
Du rapetissement de ce hideux bonheur. 
Tu t’éveilles déesse et chasses le satyre. 
Tu redeviens guerrière en devenant martyre ; 
Et dans l’honneur, le beau, le vrai, les grandes mœurs, 
Tu renais d’un côté quand de l’autre tu meurs.

 V. Hugo