Le THM favorise-t-il le cancer ?

Facebook Twitter Email

Pour rappel : Le Journal of the National Cancer Institute avait publié en 2010 que « le risque relatif de cancer du sein pour les utilisatrices d’une association estro-progestative est plus élevé s’il est débuté moins de cinq ans après la ménopause  que s’il l’est cinq ans et plus après la ménopause » . Ces résultats confortaient ceux de la Women Health Initiative (WHI) aux États-Unis. Dans toutes ces études, le recours à une combinaison estro-progestative pour une durée modérée était associé à une augmentation de l’incidence du cancer du sein. À l’époque, le professeur André Gorins, gynécologue, endocrinologue, sénologue et professeur au collège de médecine des hôpitaux de Paris avait réagit à cette problématique sensible.

 

Femmes pour toujours : Que peut-on dire aux femmes qui ne veulent pas prendre de traitement hormonal à la ménopause par crainte du cancer ?

 

Pr André Gorins : Des publications amplifiées et déformées par les médias ont provoqué un véritable vent de panique chez les femmes (et aussi chez certains médecins), concernant le risque éventuel de cancer du sein induit par le THM. En réalité, si une augmentation du risque existe, elle est extrêmement faible en valeur absolue (c’est-à-dire en nombre de cas réels) et encore, des biais peuvent-ils se glisser, rendant les statistiques discutables. Il faut donc rassurer les utilisatrices de THM, tout en rappelant la nécessité absolue d’une bonne surveillance clinique des seins, d’une mammographie préalable à toute mise en œuvre de traitement singulier et de sa répétition périodique (tous les 2 ans environ). Il n’est pas non plus démontré, à cet égard, que l’association Estrogènes & Progestatifs de synthèse présente un risque significativement plus élevé que l’emploi des estrogènes seuls. Par ailleurs, les autres cancers gynécologiques (col de l’utérus, endomètre, ovaires) ne voient pas leur incidence augmenter sous THM. Un mélanome anciennement traité et guéri n’est pas non plus une contre-indication à l’hormonothérapie de la ménopause. Il semble bien démontré actuellement que le THM diminue substantiellement la fréquence du cancer du colon.

 

A lire :  Vos seins – Editions ESKA (Professeurs André GORINS et Marc ESPIE)