Lorsque la vue s’altère avec l’âge

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Zoom sur la dégénérescence maculaire liée à l’âge, qui touche plus souvent les femmes ménopausées que les hommes.

 

Ophtalmologiste

Entretien avec le Professeur Gisèle SOUBRANE

Ophtalmologiste, spécialiste de la dégénérescence maculaire liée à l’âge

Professeur des universités à Créteil

 

Femmes pour toujours : « Ma vue baisse de plus en plus…« , s’inquiète-t-on souvent. Y a t-il un effet préventif du traitement substitutif de la ménopause sur la dégénérescence maculaire liée à l’âge ?

Pr Gisèle SOUBRANE : La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une atteinte de la partie centrale de la rétine, la macula. Elle provoque une perte plus ou moins rapide de la vision de la lecture, des détails et des couleurs. Comme son nom l’indique, cette affection est liée à l’âge. Par définition, elle survient après 55 ans et sa fréquence augmente en fonction de l’âge. La pathogénie de la maladie est actuellement toujours mal connue, mais plusieurs facteurs de risque ont été identifiés. Le seul facteur de risque certain est l’âge: plus le patient est âgé, plus le risque de DMLA est élevé. Bien qu’aucun gène spécifique ne soit connu, certains gènes candidats ont été récemment identifiés. De plus, une hypertension artérielle et/ou une maladie cardio-vasculaire et le tabagisme semblent être des facteurs de risque de la DMLA.

Certaines études épidémiologiques ont retrouvé que les femmes étaient plus susceptibles de développer une DMLA. Plusieurs observations suggèrent en effet un rôle des hormones féminines, et notamment des œstrogènes dans la pathogénie de la DMLA. Plus l’intervalle entre l’arrêt des règles et la ménopause confirmée est élevé, moins les femmes risquent de développer une forme débutante de la DMLA. Ceci voudrait dire qu’une durée de production d’estrogènes plus courte pourrait augmenter le risque de DMLA.

D’autres études épidémiologiques ont mis en évidence que le traitement substitutif de la ménopause joue un rôle plutôt protecteur: ainsi les femmes sous traitement substitutif de la ménopause sont moins susceptibles de développer une DMLA que des femmes ayant arrêté le traitement et encore moins que des femmes n’ayant jamais bénéficié d’un tel traitement.

 

Vision non altérée                                        Vision altérée DMLA