Reportage-témoignages: Le bonheur à 50 ans

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LE BONHEUR A CINQUANTE ANS

postée par Viviane, Nice

J’ai 59 ans et je me sens une femme tout à fait dans mon époque, dans mon temps. J’ai eu une vie familiale très satisfaisante.

J’ai eu deux maris. J’ai vécu en couple 10 ans avec le premier et 23 ans avec le second.

J’ai été gâtée par la vie qui m’a donné le bonheur d’avoir deux enfants, une fille de 31 ans et un garçon de 26 ans. Aujourd’hui, je suis deux fois grand-mère par ma fille, d’une petite fille de 4 ans et d’un petit garçon de 2 ans que je vois régulièrement puisque ma fille habite aussi à Nice. Je récupère ses enfants tous les mercredis à la sortie du centre aéré et de la crèche et nous passons un moment agréable en attendant qu’elle vienne les chercher à la maison après le bain et le dîner…

J’ai choisi d’organiser mes congés de telle sorte que je puisse passer quelques jours de manière privilégiée avec chacun de mes petits-enfants.

Je suis heureuse !

Je me suis séparée de mon deuxième mari il y a 6 ans, alors que mon fils était sur le point de quitter la maison pour prendre son autonomie et partir travailler à Paris.

J’ai rencontré mon nouveau (et j’espère le dernier) compagnon de vie sur un site de rencontre.

Cela fait deux ans que mon nouveau couple fonctionne sur des bases très différentes des deux précédents.

Nous avons vécu chacun des expériences différentes qui nous ont amené à plus de détachement de ce qui est inutile et plus de sagesse et de tolérance.

Il est à la retraite, je suis encore en activité.

Nous avons tous deux besoin d’espaces d’indépendance que nous nous donnons tout naturellement.

Pendant que je travaille, il vaque à ses activités sportives (ski, randonnées, tennis, canoë,…).

Nous passons nos soirées et nos Weed End ensemble.

Je me ménage aussi des temps pour moi (gym, cours de danse entre 5 et 8 h par semaine) et je me déplace parfois pour des raisons professionnelles.

Il partage avec moi une soirée dansante et je l’accompagne à un tournoi de tennis.

Je suis heureuse !

Sur le plan professionnel, j’ai aussi été comblée.

J’ai fait trois métiers.

J’ai commencé par l’informatique puisque j’avais fait des études pour cela.

A 35 ans, j’ai monté une société de communication et même si j’ai dû déposer un jour le bilan, mon bilan personnel a été très positif. J’ai eu de grandes satisfactions et fait de belles rencontres.

J’ai profité d’un licenciement économique pour me recycler à 45 ans et j’ai repris des études (dix ans en 5 ans) pour démarrer mon nouveau métier en profession libérale.

Je fais un métier que j’aime. Je vais travailler avec plaisir et j’envisage de continuer mon activité encore 4 ou 5 ans avant d’entamer ma nouvelle tranche de vie, celle de la retraite que j’appréhende (au bon sens du terme) avec un réel bonheur.

Je vais pouvoir me mettre à apprendre le piano et partager d’autres plaisirs avec mon compagnon.

Je suis heureuse !

Cet hiver, j’ai un petit souci de santé.

J’ai découvert au cours d’une visite annuelle chez mon gynécologue, que j’avais « un papillomavirus à haut risque oncogène ».

En d’autres termes, si je ne fais rien, je développerai tout simplement un cancer du col de l’utérus.

En l’espace de deux semaines, j’avais vu deux fois le chirurgien et planifié l’opération indispensable dans la plus grande sérénité et la confiance, eu égard à la personnalité de cet homme en fin de carrière qui m’a rassurée d’emblée.

Je me suis préparée psychologiquement et l’opération s’est bien déroulée, avec des techniques de chirurgie et des produits d’anesthésie modernes.

Deux jours après, je rentrais chez moi, heureuse et sans aucune souffrance physique ni psychique.

J’ai repris rapidement une vie normale et un mois après, une vie sexuelle satisfaisante, avec la conviction d’avoir fait ce qu’il fallait et même la joie de m’être soulagée d’un poids inutile.

J’ai traversé cette épreuve dans la sérénité. C’est moi qui ait dû rassurer mon entourage familial…

Je suis heureuse !

Sur un plan social, j’ai découvert, après ma séparation avec mon deuxième mari, les amitiés féminines, les moments privilégies entre filles/femmes où l’on peut partager des joies simples (un ciné, un restaurant ), des activités ludiques, culturelles/musicales/sportives, des causeries profondes…

En résumé, pour moi, la vie est parsemée de petits bonheurs, de plaisirs, de rencontres, d’amitié, d’opportunités, et je me prépare une vieillesse heureuse.

J’ai toujours vécu « comme si j’étais immortelle » et j’ai encore la tête plein de projets (que je ne pourrai surement pas assouvir dans cette vie !).

Un mot très personnel.

Je ne crois pas à la chance ni au hasard. Je crois que chacun peut se donner les moyens d’être heureux. Je crois que chacun est responsable de sa vie.

Je citerai Boris Cyrulnik à propos de  »la résilience, cette capacité de rebondir, une qualité que nous devons au fait d’avoir surmonté l’épreuve d’un passé difficile. Il nous arrive parfois de nous demander comment ceux qui n’ont pas eu à la forger dans l’enfance parviennent à affronter les vicissitudes de la vie ». Je crois que nous portons tous cette capacité de résilience qui nous maintient dans une vie vivante…


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